Depuis vendredi soir, je vais bien. Et j'enfourne dans ma tête l'idée qu'il a quitté mon esprit et j'en suis heureuse. Mais apparemment, c'est n'est pas bien ancré dans mon crâne. Et loin de l'être même. Il a fallu d'un peu de fatigue et de le voir, un sourire mal tourné et voilà, c'est reparti de plein fouet. Nous sommes lundi soir, et mes espoirs sont repartis. Merde, j'y avais cru dur comme fer à cet oubli.
Ce matin j'étais très fatiguée, il est monté dans mon bus, il s'est assit à coté de moi, il m'a dit bonjour, mais on a pas parlé, j'en avais pas envie. Puis voilà , j'ai passé une bonne journée puis à 17h, il pleuvait à verse, ils étaient main dans la main, et j'ai commencé à perdre le sourire, ça me prenait les tripes, c'était horrible comme sentiment : pure jalousie. Après j'ai parlé avec Sophie, j'essayais de pas y penser mais dès que je me retournais, ils s'embrassaient, elle était dans ses bras. Je suis monté dans le bus par la première porte et il m'a arrêté au niveau de la deuxième porte pour me dire qu'il avait oublié ce que je lui avais demandé d'amener, la feuille que j'avais écris sur lui. Je l'ai fixé pendant quelques secondes et je suis repartie, sans dire un mot. Je me suis assise puis j'ai mis mon casque sur les oreilles, les yeux fixés sur les gouttes qui coulaient sur la fenêtre. Puis au bout de 10-15 minutes , il s'est assis dos à moi et j'me suis rendu compte qu'il y avait une fille avec lui, et, je me suis retourné et elle était dans ses bras. Elle a prit le bus pour rester dans ses bras. A son arrêt de bus à lui, malgré la musique sur les oreilles, je les ai entendu s'embrasser. Comme un son qui résonnait, qui avait coupé toute musique pour me le faire entendre : "Hého Cookie, écoute ça !". Et elle est resté dans le bus, je n'ai même pas vu à quel arrêt elle est descendu. Et moi, quand je suis descendu, il pleuvait encore plus fort et je sentais que c'était pas que de la pluie qui me coulait sur les joues...
lundi 9 février 2009
mardi 3 février 2009
Kurt.
Juste avant de m'endormir, quand je m'emmerde vraiment je ... m'allonge et cogite un moment jusqu'à sombrer dans un état semi-conscience hypnotique, que certains appellent le rêve éveillé, d'autres planer. J'ai l'impression de ne pas être là et ça n'a aucune importance parce que j'en ai marre de me trouver dans des situations et des conversations ennuyeuses, chaque jour ressemble à un sitcom de base, certaines appellent ça la pensée mais quand je suis dans cet état d'esprit particulier j'oublie de peser et tout devient pure observation. Je perçois des choses de façon aigüe, si par exemple je me concentre assez, je peux voir des petites traces de résidus transparents dans le coin externe de mes yeux (ou alors c'est une conjonctivite). Je peux les suivre tandis que mon regard descend, c'est comme regarder un film avec des amibes ou de la gelée, comme observer du plancton au microscope. Et si je ferme les yeux et regarde en direction du soleil le flamboiement orange vif dessine le tracé intense des cellules sanguines, ou ce que j'imagine être des cellules sanguines. Elles bougent très rapidement et une fois de plus, je ne tiens pas longtemps avant que mes yeux ne se fatiguent et je dois détourner le regard du soleil vers l'oreiller et me frotter les paupières très fort et là je vois des petites sphères de lumière étincelante - certains appellent ça des étoiles - qui ne durent qu'une seconde puis j'ouvre à nouveau mes yeux mouillés de larmes à cause du frottement et regarde le ciel loin du soleil et oublie tous ces putains de petits trucs tordus à la con s'agitant au coin de mes yeux ou la vision en gros plans des cellules sanguines sous mes paupières et je regarde le ciel tout entier et je n'essaie même pas mais je vois se dessiner dans les nuages toutes sortes de visages, objets, statues et je peux faire la même chose avec les panneaux de bois qui recouvrent mes murs.
Une fois j'ai vu Jésus sur une carapace de tortue.
"Kurt Cobain, Journal." Traduit de l'américain par Laurence Romance.
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